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Qualita della Vita

Les communes les plus fragiles d'Italie : emploi, éducation et risque de glissements de terrain

L'indice de fragilité ISTAT mesure la vulnérabilité sociale et environnementale de 7 889 communes italiennes : où l'emploi est le plus bas, l'éducation la plus faible et le risque de glissements le plus élevé.

Tous les territoires ne partent pas des mêmes conditions. L'ISTAT mesure la vulnérabilité des communes italiennes avec un indice composite de fragilité qui combine dimensions sociales, économiques et environnementales : du taux d'emploi au niveau d'éducation, de l'accès aux services essentiels à l'exposition au risque hydrogéologique.

L'indice est exprimé en déciles, de 1 à 10 : plus la valeur est élevée, plus la commune est fragile. Dans cette analyse, nous examinons les données de 7 889 communes italiennes, puis nous entrons dans le détail des composantes individuelles : emploi, éducation et risque de glissements de terrain.

7 889
Communes italiennes évaluées par l'indice de fragilité
34,96
%
Taux d'emploi à Giffone (RC), le plus bas d'Italie
98,63
%
Population en zones à risque de glissement à Pontboset (AO)

Les 15 communes avec l'indice de fragilité le plus élevé

Indice composite de fragilité ISTAT en déciles : 10 indique la fragilité maximale

Source : DatiItalia — données ISTAT, MEF, ISPRA, EEA

Où se concentre la fragilité

Les communes qui atteignent le décile maximal, 10 sur 10, sont presque toujours de petits centres de montagne ou de zones intérieures : Parzanica dans la province de Bergame, Fosciandora en Garfagnana, Saint-Oyen et Bionaz en Vallée d'Aoste, Trezzone et Cavargna sur le lac de Côme, Savogna dans le Frioul. Des communautés minuscules où s'additionnent dépeuplement, vieillissement, travail rare et territoire difficile.

C'est une géographie qui surprend ceux qui associent la fragilité uniquement au Mezzogiorno : l'indice photographie une faiblesse structurelle qui traverse tout l'arc alpin et apennin. La fragilité italienne est avant tout celle des zones intérieures, à toute latitude.

La carte 3D de la fragilité communale

Indice de fragilité ISTAT pour chaque commune : des colonnes plus hautes indiquent une plus grande vulnérabilité

Source : DatiItalia — données ISTAT, MEF, ISPRA, EEA

Les 10 communes avec le taux d'emploi le plus bas

Taux d'emploi communal : les valeurs minimales d'Italie

Source : DatiItalia — données ISTAT, MEF, ISPRA, EEA

Emploi : un écart de 50 points entre les extrêmes

La composante la plus lourde de la fragilité est le travail. À Giffone, dans la province de Reggio de Calabre, seuls 34,96 pour cent de la population en âge de travailler ont un emploi ; des valeurs similaires à Casalattico dans le Frosinate avec 35,22 pour cent, à Gurro dans le Verbano-Cusio-Ossola avec 35,56 et à Francofonte près de Syracuse avec 37,52.

À l'extrême opposé, de petites communes comme Fascia dans la province de Gênes atteignent 86,21 pour cent, Ceresole Reale près de Turin 85,87 et Pedesina en Valteline 85,71. Entre la commune la plus employée et la moins employée, l'écart dépasse 50 points de pourcentage : deux Italies du travail qui coexistent dans le même pays. Attention toutefois aux petits nombres : dans les communes comptant quelques dizaines de résidents en âge de travailler, quelques emplois de plus ou de moins déplacent beaucoup le pourcentage.

Les 10 communes avec la plus forte part de faible niveau d'éducation

Pourcentage de population avec un faible niveau d'éducation

Source : DatiItalia — données ISTAT, MEF, ISPRA, EEA

Éducation : où les diplômes restent un mirage

La deuxième composante est le capital humain. À Val Rezzo, dans la province de Côme, 78,89 pour cent de la population a un faible niveau d'éducation ; suivent Pagnona près de Lecco avec 74,52 pour cent et Mogorella dans la province d'Oristano avec 72,17. Le classement comprend aussi Nardodipace en Calabre et Castelmagno près de Cuneo.

Ici aussi, le fil conducteur n'est pas le Sud mais la marginalité : de petites communes de montagne dont les générations les plus instruites ont émigré depuis des décennies, laissant une population âgée scolarisée à une autre époque. La faible instruction, dans ces territoires, est à la fois cause et effet du dépeuplement.

Les 10 communes les plus exposées au risque de glissements de terrain

Pourcentage de population résidente en zones à risque de glissement de terrain

Source : DatiItalia — données ISTAT, MEF, ISPRA, EEA

Risque de glissements : la Vallée d'Aoste domine le classement

La troisième dimension est environnementale. À Pontboset, en Vallée d'Aoste, 98,63 pour cent de la population vit dans des zones classées à risque de glissement de terrain : pratiquement tout le village. Le haut du classement est une mosaïque valdôtaine : Rhêmes-Saint-Georges avec 97,44 pour cent, Oyace avec 96,34, Issime avec 96, et même Courmayeur, station symbole du tourisme alpin, y figure.

La donnée ne signifie pas qu'un glissement est imminent, mais mesure combien de population vit dans des zones délimitées comme dangereuses par les plans hydrogéologiques. Dans des vallées étroites et escarpées, il n'existe simplement pas d'ailleurs où construire.

Pourquoi ces données comptent

L'indice de fragilité n'est pas un exercice statistique : c'est l'outil qui peut orienter les politiques pour les zones intérieures, de la santé de proximité au haut débit, des écoles de montagne à la prévention hydrogéologique. Connaître commune par commune où se concentrent les vulnérabilités est le premier pas pour ne pas laisser de côté les territoires les plus faibles.